BIENNALE NÉMO 2019 : Premier florilège en avant-première !

BIENNALE NÉMO 2019 : Premier florilège en avant-première !

À un an de l’événement et pour marquer le compte à rebours jusqu’à la prochaine Biennale, découvrez les cinq premiers rendez-vous auxquels vous serez conviés à partir d’octobre 2019, parmi lesquels l’exposition principale de Némo : Jusqu’ici tout va bien ? au CENTQUATREPARIS. Avec ce premier florilège dévoilé, la biennale est lancée !

Jusqu’ici tout va bien ?
Du 12 octobre 2019 au 9 février 2020
CENTQUATRE-Paris

Sur un commissariat de Gilles Alvarez (Arcadi) et José Manuel Gonçalvès (directeur du CENTQUATRE-Paris)

Justine Emard, Co(AI)xistence, installation vidéo © Adagp, Paris 2018

De quoi s’agit-il ? Considérés comme des post-humains ou des êtres du futur, les spectateurs viennent visiter un musée abandonné depuis 2019, après la disparition du genre humain…
Salle après salle, ils découvrent une exposition d’art contemporain numérique et de robotique où les œuvres ont continué de fonctionner en complète autonomie, sans leurs créateurs ni leur public initial. Paradoxalement, cette exposition avait précisément été programmée à un âge où les humains s’inquiétaient de leur possible disparition, de leur remplacement par les machines, les robots et les intelligences artificielles. Et de fait, cette exposition spéculative, qui interrogeait par le prisme de l’art les futurs plus ou moins désirables du genre humain, est devenue une exposition d’archéologie sur 2019, quand tout s’est arrêté pour homo sapiens…


Autonomie Zéro
Du 21 novembre au 1er décembre 2019
Cité internationale des arts

Sur un commissariat de Gilles Alvarez (Arcadi) et Dominique Moulon (commissaire indépendant)

En miroir de l’exposition Le Jour où tout s’est arrêté au CENTQUATRE-PARIS, Autonomie zéro remet l’humain dans la machine !
Il est de multiples manières d’envisager l’absence ou la perte d’autonomie, tant chez l’humain que chez la machine. Et c’est sans doute dans la relation que nous entretenons aux technologies que cette carence s’avère être une question sociétale essentielle.
Nous avons, au fil du temps, délégué nos connaissances et intelligences aux centres de données et applications. Jusqu’à nos souvenirs les plus intimes dont on ne saurait dire avec précision où ils sont localisés. Aussi, nous perdons tous nos moyens à l’idée même qu’une batterie soit faible ou qu’un service, ne serait-ce que temporairement, soit inaccessible. Qui n’a pas vécu cette absence passagère sans se sentir profondément démuni, comme victime d’une injustice ? Alors que même nos déplacements dans l’espace sont assujettis aux calculs de dispositifs dont on veut continuer d’ignorer l’extrême complexité, notre autonomie se réduit à mesure que nous déléguons aux appareils dont nous savons pourtant l’extrême versatilité.
L’exposition Autonomie zéro vise à remettre de l’humain dans la machine comme à révéler l’importance des décisions ou intuitions qui sont nôtres et le resteront vraisemblablement encore pour longtemps. Les algorithmes, nous dit-on, sont susceptibles d’apprendre par eux-mêmes si tant est qu’on les stimule. C’est cette stimulation essentielle que l’on veut examiner ici au travers d’œuvres qui émergent des relations entre les savoirs du penser comme du faire. Quand les artistes sont au plus près des dispositifs techniques qu’ils mettent en œuvre pour faire acte de création ensemble. La dédramatisation de l’absence ou perte d’autonomie nous permet d’envisager l’interdépendance telle la valeur première d’un art d’aujourd’hui en cette ère du tout numérique.

 

RUINES PARTICULAIRES de Thibault Brunet
Résidence octobre 2018 – décembre 2019 / Exposition janvier – mai 2020
La Capsule au Bourget

Sur un commissariat de Gilles Alvarez (Arcadi), Arnaud Lévénès (responsable de la résidence photos “La Capsule”) et Dominique Moulon (commissaire indépendant)

Depuis 2009, La Capsule, située dans l’enceinte du Centre culturel André Malraux, offre un soutien à la photographie dans le domaine de la création, de la diffusion et de la sensibilisation auprès des publics. C’est aussi un lieu de résidence équipé de laboratoires où peuvent être expérimentés les procédés photographiques les plus anciens comme les traitements les plus avancés de l’image numérique. Pour la Biennale 2019/2020, Némo et la Capsule s’associent pour présenter SÉRENDIPITÉ, une exposition de Thibault Brunet, artiste accompagné depuis plusieurs années par Arcadi Île-de-France. Après une résidence d’un an à la Capsule, l’exposition ouvrira ses portes de janvier à mai 2020, avec un vernissage parmi les événements de clôture de la Biennale.

Voici, pour l’heure, ce que Thibault Brunet nous dit des fondements de ce travail : “Le monde actuel est extrêmement documenté. Tout est pris en photo, n’importe quelle station essence, n’importe quel chemin. Les drones récréatifs, les dashcams de voitures et les Gopros sur les casques des cyclistes enregistrent tout. En assemblant toutes ces données, je peux reconstituer un monde enregistré, le remettre en volume, faire des interprétations topographiques. Tous ces instants enregistrés mis bout à bout figent un Nouveau Monde, un monde numérique et immatériel. Il n’est pas la copie parfaite du réel, mais une copie déformée, malade, avec des trous. Lors d’une résidence à New York, accompagné par Lesley A. Martin, j’ai mené une recherche qui se voulait au départ un portrait de l’Amérique des grands espaces. J’ai finalement fait le choix de me laisser guider par l’algorithme, et c’est la sérendipité d’internet qui m’a amené progressivement sur d’autres pistes, des zones géographiques plus lointaines, mais très liées politiquement aux États-Unis. Les images de conflits au Moyen-Orient ont alors inondé mon flux internet. J’ai mis toutes ces images bout à bout et créé, ainsi, une vue topographique de ces conflits. La sérendipité et l’algorithme m’ont amené encore et toujours plus loin, m’offrant les images de propagande de l’état islamique, des zones de combat, des attentats… Le flux, ainsi lancé, n’avait pas de hiérarchie dans ce qu’il me proposait. Il me donnait des images d’une randonnée touristique dans les montagnes sur la frontière turque juste après m’avoir montré le pire d’un champ de bataille non loin de là. Ce travail est le résultat d’un voyage aux États-Unis autant qu’un voyage dans son double immatériel, les réseaux internet. “

 

Just in Time or a Short History of Production (installation), 2010

Exposition « art/sciences » de Xavier Antin
Résidence octobre 2018 – décembre 2019 / Exposition janvier – avril 2020
CAC de Brétigny-sur-Orge

Durant une résidence de plus d’un an (octobre 2018 – décembre 2019), Xavier Antin va travailler avec des chercheurs du pôle Paris-Saclay à la réalisation de sculptures “intelligentes”. L’artiste a déjà effectué des recherches préliminaires à l’occasion d’une résidence à la Silicon Valley en amont de ce projet et le plateau de Saclay sera le lieu idéal pour continuer ce travail.
Durant le temps de l’exposition, ces sculptures dotées d’une “intelligence artificielle” rentreront progressivement en dialogue entre elles et avec le centre d’art et apprendront graduellement à fonctionner ensemble et avec le lieu. Elles formeront ainsi une communauté intelligente non-organique, se rapprochant à la fois d’un écosystème, d’une économie et d’une communauté politique expérimentale. Pour ce faire, les sculptures seront équipées de nano-ordinateurs, d’émetteurs wifi et de capteurs individualisés. L’ensemble des échanges produits par les sculptures seront en langue humaine écrite, nous permettant de suivre leur évolution. Accessible uniquement en temps réel sur le lieu de l’exposition via un réseau wifi émis par les sculptures, l’ensemble des échanges seront réunis par la suite dans une édition imprimée, permettant l’analyse et l’interprétation de l’expérience.

 

Constellation, Sculpture cinétique, Marco Brambilla, 2015 © DR

REGENERATION de Marco Brambilla
Du 8 octobre au 13 novembre 2019
EP7- Guinguette numérique

Une coproduction d’Arcadi Île-de-France, de l’EP7 et de la Bibliothèque nationale de France/GALLICA.

Après Predictive Art Bot de Disnovation.org – qui a clôturé la dernière Biennale – Némo investira de nouveau la façade magique de l’EP7 avec une création originale de Marco Brambilla, un artiste détonnant dont la renommée s’est construite sur des productions pour le moins hétérogènes. Il s’est illustré autant pour ses mises en scène d’opéras aux effets audiovisuels spectaculaires qu’en tant que réalisateur de Demolition Man, énorme blockbuster hollywoodien avec Wesley Snipes et Sylvester Stallone.
REGENERATION est une installation – créée pour la Biennale Némo 2019 – qui affichera, sous la forme d’une vidéo défilant continuellement, les contenus des textes mis en ligne à partir de l’archivage des volumes physiques qui se trouvent à l’intérieur du bâtiment de la BNF. La séparation entre analogique et numérique, en ligne et hors ligne, est donc l’objet de la proposition. L’information imprimée est ainsi présentée à travers une forme contemporaine des médias.
Cette œuvre vient aussi contrarier le fait que la présence visuelle d’un texte dans l’espace public est déterminée par le nombre de tweets qu’il a pu générer, l’importance de ses sponsors… De fait, le moteur de recherche Google vous présente prioritairement le contenu le plus récent et le plus sponsorisé. Un texte littéraire ou un contenu dit «ancien», les livres par exemple, se trouve noyé dans la masse des textes et données plus récents et plus commandités.
Au milieu d’un paysage urbain essentiellement publicitaire, Marco Brambilla nous propose une autre expérience d’affichage public et libère les archives de la BNF de leurs formats et de leurs murs.